Lettre adressée à Danièle Pourtaud, Conseillère Socialiste de Paris, adjointe au Maire chargée des universités.
Chère collègue,
Dans le cadre du « Mois de la photographie », notre municipalité du 14ème a décidé cette année de multiplier les initiatives pour faire connaître auprès d'un large public de l'arrondissement des artistes confirmés et nouveaux talents de la photographie. Je m'en félicite.
Cependant une de ces initiatives pose problème : l'exposition de « lettres-affiches » de l'association « Reporters sans frontières » en Mairie même. Plusieurs habitants du 14ème, des membres, des responsables d'associations pour la paix et l'amitié entre les peuples m'ont fait part de leur vive émotion. J'ai pu me rendre compte par moi-même du caractère déplacé de la participation de RSF à cette manifestation culturelle, constat d'ailleurs partagé par plusieurs collègues de la majorité municipale.
Les affiches en question ne sont d'abord même pas des photos.
Elles portent ensuite des messages de propagande politique susceptibles de choquer, en particulier une campagne politique de désinformation et de dénigrement de Cuba.
En aucun cas, RSF se saurait être reconnu comme une organisation humanitaire d'utilité publique. Son financement avoué par différentes officines gouvernementales nord-américaines, parmi lesquelles la NED (National Endowment for « Democracy »), agence créée par Ronald Reagan, n'est pas étranger à l'orientation de ses campagnes médiatiques, souvent très éloignées de la cause de la liberté de la presse.
Ainsi RSF a salué en 2002 la tentative, avortée, de coup d'Etat au Venezuela organisée par les tenants de l'oligarchie pétrolière contre un gouvernement régulièrement élu et se livre à une charge systématique contre le gouvernement cubain.
Le dernier rapport de cette organisation s'est également permis de rétrograder la France au 35ème rang des nations, sous le motif invraisemblable que le travail journalistique y serait entravé par les mouvements sociaux et la pression des syndicats.
Notre municipalité ne saurait relayer une telle instrumentalisation de « l'humanitaire » et des valeurs de la « liberté de la presse » presque jusqu'à son contraire : la mise en cause des libertés démocratiques et du droit des peuples.
Pour ces raisons que je vous demande, chère collègue, sinon de clôturer cette exposition, au minimum de faire retirer toutes les affiches tendancieuses, notamment celles qui attaquent Cuba et son président Fidel Castro Ruiz. Je ferai connaître votre réponse auprès des différentes associations pour l'amitié entre les peuples qui ont pris contact auprès de moi.
Je vous prie de croire, chère collègue, à l'expression de mes sentiments les plus cordiaux,
Publié par Titi le 24/11/06 @ 12:11 | commenter | lien permanent